Les parents peuvent se voir retirer l'autorité parentale. Ce retrait est prévu par les articles 378 et 378-1 du code civil.
Article 378
"Peuvent se voir retirer totalement l'autorité parentale par une disposition expresse du jugement pénal les père et mère qui sont condamnés, soit comme auteurs, coauteurs ou complices d'un crime ou délit commis sur la personne de leur enfant, soit comme coauteurs ou complices d'un crime ou délit commis par leur enfant.
Ce retrait est applicable aux ascendants autres que les père et mère pour la part d'autorité parentale qui peut leur revenir sur leurs descendants."
"Peuvent se voir retirer totalement l'autorité parentale, en dehors de toute condamnation pénale, les père et mère qui, soit par de mauvais traitements, soit par une consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques ou un usage de stupéfiants, soit par une inconduite notoire ou des comportements délictueux, soit par un défaut de soins ou un manque de direction, mettent manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant.
Peuvent pareillement se voir retirer totalement l'autorité parentale, quand une mesure d'assistance éducative avait été prise à l'égard de l'enfant, les père et mère qui, pendant plus de deux ans, se sont volontairement abstenus d'exercer les droits et de remplir les devoirs que leur laissait l'article 375-7.
L'action en retrait total de l'autorité parentale est portée devant le tribunal de grande instance, soit par le ministère public, soit par un membre de la famille ou le tuteur de l'enfant."
En résumé:
Le retrait peut être total ou partiel. Il peut être rendu par un jugement civil ou pénal. Les parents peuvent se voir restituer des droits relatifs à l'autorité parentale, sous certaines conditions.
Les père et mère (ou l'un d'entre eux) peuvent se voir retirer l'autorité parentale, qu'ils aient ou non l'exercice de l'autorité parentale.
Le retrait de l'autorité parentale peut cependant se limiter à certains enfants.
Le ministère public , un membre de la famille ou le tuteur peut saisir le tribunal de grande instance pour toute action en retrait de l'autorité parentale.
Les père et mère peuvent se voir retirer totalement l'autorité parentale s'ils mettent manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant notamment dans les cas énoncés par l'article 378-1 du code civil.
Les père et mère peuvent se voir retirer totalement l'autorité parentale, par un jugement pénal, s'ils sont condamnés pour les faits énoncés à l'article 378 du code civil.
Pendant l'instance, le juge peut :
- prendre des mesures provisoires relatives à l'exercice de l'autorité parentale,
- ordonner des enquêtes sociales,
- entendre les différentes parties (notamment les parents, tuteur ou tout autre personne auquel l'enfant a été confié).
L'enfant peut demander à être entendu par le tribunal (sauf décision motivée) et être assisté d'un avocat.
Le juge peut décider que les enfants concernés par la mesure de retrait des droits d'autorité parentale sont les enfants nés au moment du jugement (qu'ils soient nés de parents mariés ou non ou adoptés).
Il peut décider du retrait total ou partiel de l'autorité parentale, limité à certains attributs.
Si le juge décide de retirer l'exercice de l'autorité parentale à un seul des parents, l'autre exerce seul cette autorité.
Lorsque le juge décide du retrait partiel ou totale de l'autorité parentale ou du droit de garde, et que l'autre parent est décédé ou s'il a perdu l'exercice de l'autorité parentale, il peut :
- confier l'enfant provisoirement à un tiers (membre de la famille ou non) qui organisera la tutelle,
- ou confier l'enfant au service départemental de l'aide sociale à l'enfance .
Si l'enfant a été confié à l'Ase, dans le cadre d'un retrait total, l'enfant acquiert le statut de pupille de l'État et est adoptable sauf si le tuteur considère que cette mesure n'est pas appropriée.
Lorsque l'enfant a été confié à l'Ase dans le cadre d'un retrait partiel, les pouvoirs sont répartis entre les parents et le service. Les parents conservent en général des relations personnelles avec l'enfant.
Dans le cadre d'un retrait partiel de l'autorité parentale, le jugement peut se limiter à retirer certains attributs de l'autorité parentale, tout en maintenant des droits et devoirs de garde, de surveillance et d'éducation et certaines prérogatives telles que le droit de consentir à l'adoption et à l'émancipation.
Les parents peuvent demander à conserver des relations personnelles avec l'enfant. Le plus souvent ces relations seront maintenues au sein de lieu médiatisé.
Dans le cas d'une retrait total portant sur l'exercice de l'autorité parentale et sur ses différents attributs tant patrimoniaux qe personnels notamment la perte des droits et devoirs de garde, de surveillance et d'éducation, du droit de consentir au mariage et à l'émancipation.
Pour la restitution des droits, les père et mère doivent justifier de circonstances nouvelles et dans l'intérêt de l'enfant pour se voir restituer des droits relatifs à l'autorité parentale.
Ils ne peuvent saisir le juge qu'un an après la décision de retrait. L'enfant ne doit pas être placé en vue d'une adoption.
La restitution de l'autorité parentale peut être totale ou partielle.
Il faut savoir que les décisions de retrait de l'autorité parentale ne sont prises que très rarement.
A titre d'information les nombres de demande faite en 2009, je n'ai pas réussi à trouver les statistiques du nombre de retrait décidé chaque année.
| Détails de saisine 2009 | Cour d'appel | Tribunal de Grande Instance |
| Demande de retrait de l'autorité parentale | 12 | 222 |
A Jeudi Prochain
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